Pas de chicane dans ma cabane

Pas de chicane dans ma cabane... Cette formule évoque un Québec pacifique qui se tiendrait le plus loin possible des conflits et des débats contradictoires. Pourtant, depuis plus de 10 ans, la société québécoise est secouée par des sujets houleux, déchirants, polarisants, amplifiés par les réseaux sociaux où les positions extrêmes sont considérées — à tort — comme des tendances lourdes.
Ces controverses mettent à mal la représentation que les Québécois se font d’eux-mêmes (bonhomie, sagesse, non-violence), mais aussi les principes fondamentaux que sont la présomption d’innocence ou le droit à la différence.
Le nouvel ouvrage de Rachida Azdouz illustre la difficulté, presque insoluble, à surmonter la controverse pour s’engager sur la voie exigeante mais nécessaire du débat. Relatant les trois grandes polémiques qui ont marqué l’actualité (le projet pilote de cours d’éducation sexuelle à l’école, les « affaires » SLAV et Kanata, et le projet de loi sur la laïcité), l’auteure dégage de manière claire leurs enjeux, les met en contexte et explicite les désaccords de fond entre les protagonistes, mais également les malentendus et les perceptions erronées.
Pour que toutes les voix se fassent entendre, l’essayiste simule une conversation entre les camps opposés pour mieux exposer l’éventail des points de vue, incluant certaines positions marginales que la polarisation rend inaudibles.
Avec cet essai, Rachida Azdouz invite au dialogue et au débat public.