Le Mai 68 des Caraïbes

Une nouvelle fenêtre s’ouvre sur les grands mouvements populaires des années 1960 et 1970 dans la Caraïbe. Que se passe-t-il durant ces révoltes à San Juan, à Kingston et à Pointe-à-Pitre ? Que reproche-t-on à ces Dreads abattus par la police à la Dominique ? Comment expliquer ces coups d’État fantasques à la Grenade et au Suriname ? Quelles résonances entre ces évènements isolés, la longue marche pour l’émancipation caribéenne et les trépidations du monde occidental : Mai 68 en France, Révolution tranquille au Québec, lutte pour les droits civiques aux États-Unis ; mais aussi éviction de De Gaulle et assassinat de Kennedy. Cet ouvrage revisite bien des idées reçues sur la Caraïbe, sur les liens entre socialisme et capitalisme, sur la finance, et sur quelques concepts creux de cette époque qui nous hantent toujours tels le développement, la crise économique, les théories du complot. Romain Cruse raconte une histoire populaire de la révolution caribéenne, en donnant à l’Histoire la force du vécu et du vivant. Le Mai 68 des Caraïbes est un petit manuel de la résistance.

Table des matières

Table des matières
Page couverture 1
Crédits / Catalogage 4
Page titre 5
Dédicace 7
Du même auteur 8
Citation 9
La route ou la trace 13
Reggae et dancehall 13
Le vieux bus public et le coaster 20
Deux côtes 24
Routes et traces 31
Les sixties 35
Organisation du récit 45
La portoricanisation 49
Pedro Albizu Campos et les nationalistes portoricains 49
La Caraïbe bascule dans l’ère d’influence des États-Unis 54
Le plan Bootstrap pour Porto Rico et l’invention du « développement » 62
Un autre horizon caribéen mis en place dans les sixties : l’expérience cubaine 67
Deux voies vouées à l’échec ? 77
Mouvements populaires caribéens : 1959-1980 87
Les États-Unis et le Mai 1968 de la République 87
Le mai 1968 caribéen, une grande révolte contre le néocolonialisme étasunien ? 93
La Caraïbe hispanophone face à un colonialisme pur et dur 96
Le mai 1968 de la Caraïbe anglophone 100
Le mai 1968 des Antilles françaises entre lutte contre la colonisation et combat pour l’égalité 118
Mouvements populaires dans la Caraibe néerlandaise 131
Lutter, fuir ou se soumettre ? 143
Pourquoi Barry est-il (relativement) pauvre ? 143
Inertie de l’économie de plantation et corruption des nouvelles élites politiques : l’exemple de la Barbade 149
Le Sainte-Lucien Arthur Lewis comme caution intellectuelle 156
Un nouveau « socialisme » impérial émerge dans les métropoles 160
Le rôle des grandes banques 163
Des grandes banques qui contrôlent l’économie mondiale… 164
… Et qui exercent également une forte influence sur les états 165
La mécanique de la dette 167
Les banques et les pays pauvres 169
Complots, coïncidences et complexité : l’exemple du mai 1968 français et du cas de Gaulle 171
L’autre grand nœud géopolitique des sixties : l’affaire Kennedy et la naissance des « théories du complot » 176
Qu’est-ce qui a changé dans la Caraïbe avec les grandes révoltes des sixties ? 179
Comment se maintient l’équilibre psychique dans un tel environnement 183
Échec des mouvements collectifs caribéens etre belles d’opérette 195
Effacer les traces menant à d’autres voies de développement : la révolte des années 1970 et le Dread Act à la Dominique 203
Une île, deux visions du monde 203
Les dreads (et leur mai 1968) 213
Le village contre la ville : les premières émeutes rurales du mai 1968 dominiquais 221
Reconquérir la terre ou tomber dans un nouvel esclavage 225
L’oligarchie de roseau recourt à la violence pour imposer le développement occidental : le Dread Act 229
Du soulèvement villageois à la révolte urbaine : la chute du régime de Patrick John 232
La stratégie du choc et la contre-révolution néolibérale 235
Une société ingérable ? 239
Eric Williams et le mythe de l’homme politique providentiel : révolutions noires contre le socialisme fabian à Trinidad 239
La naissance d’un mythe : l’homme politique providentiel, père de la nation 245
Le stratège du socialisme Fabien 250
L’électorat captif déchante 252
Le conflit avec l’aile gauche du PNM pour plaire à Washington 255
Radicalisation des milieux intellectuels 257
Montée des revendications syndicales 258
La « révolution » de 1970 260
Le jihad religieux contre le PNM et le coup d’État 274
Qui contrôle l’économie trinidadienne aujourd’hui ? 277
De la violence comme moyen à la violence comme fin : la Jamaïque après les Rodney riots de 1968 281
L’impasse de la racialisation des luttes sociales : Haïti et ses révolutions noires 321
Et maintenant ? 353
Remerciements 393
Table des matières 395
Dans la même collection 400
Quatrième de couverture 402